Réseau de pédagogies radicales

Expérience

Started by Irène , in Réseau de pédagogies radicales 1 week ago

 Salut,

J'ai fais l'expérience ces derniers temps de discuter avec trois personnes ayant des options pédagogiques différentes, voire opposées: une personne du GRDS, une personne de la pédagogie explicite (Gauthier, Bissonnette) et une personne de la pédagogie Freinet.

a) Ce qui m'a le plus marqué dans cette expérience, c'est que les trois sont persuadés d'avoir la pédagogie la plus efficace en particulier pour lutter contre les inégalités socio-scolaires. 

b) Sur le plan des standards internationaux, qu'est-ce que c'est une "pédagogie efficace" ?

C'est une pédagogie dont l'efficacité a été prouvée par une accumulation de travaux (méta-analyse ou méga-analyse) selon les standards suivants:

- Groupe test/Groupe témoin, Pré-test/Post-test, échantillon éléatoire, publication dans revue internationale en anglais avec lecture en double aveugle.

c) Selon ces standards internationaux, quelle est la pédagogie la plus efficace pour lutter contre les inégalités sociales ?

La pédagogie explicite de Gauthier et Bissonnette. Voir entre autres l'article suivant: 

Bissonnette Steve, Richard Mario, Gauthier Clermont. Interventions pédagogiques efficaces et réussite scolaire des élèves provenant de milieux défavorisés . In: Revue française de pédagogie, volume 150, 2005. pp. 87-141.

DOI : https://doi.org/10.3406/rfp.2005.3229

www.persee.fr/doc/rfp_0556-7807_2005_num_150_1_3229

d) Maintenant est-ce que je dis qu'il faut adopter la pédagogie explicite de Gauthier et Bissonnette ?

Non,mais je ne pense pas qu'on gagnera la bataille en affirmant que nos méthodes sont les plus efficaces et en se posant sur ce terrain là. Car sur ce point, il faudrait accumuler un nombre d'études très conséquentes et les faire publier dans des revues internationales en anglais.

En revanche, il est possible de se poser les questions suivantes:

a) La pédagogie explicite de Bissonnette et Gauthier est efficace pourquoi ? Pour lutter contre les inégalités socio-scolaires, oui. Mais pas pour développer la conscience sociale critique. Ce n'est d'ailleurs pas dans ses objectifs...

b) La pédagogie explicite respecte-t-elle des pratiques éthique luttant contre la déshumanisation ? Non, en particulier dans la gestion de classe, il est proposé d'utiliser les filles comme instrument de gestion de classe en plaçant une fille/un garçon car c'est plus efficace. Sauf que c'est une instrumentalisation des filles qui sont transformées en instruments de gestion de classe...

Voilà les raisons pour lesquelles se placer sur le plan de la didactique (technique d'apprentissage) pour définir ce qu'est une pédagogie émancipatrice me semble vouer à l'échec... 

Mais si quelqu'un veut démontrer le contraire, j'attends sa réponse...

à bientôt,

irène

Bonjour,

J'ai moi même été confronté à ce genre de problématiques en discutant avec des personnes pratiquant une pédagogie particulière (Freinet, Montessori...).

Ce qui est intéressant dans un premier temps est la passion qu'ont ces personnes pour le métier, la volonté de transmettre et de vouloir suivre un courant de pensée et de fournir un travail conséquent pour les élèves.

Ce qui peut après s'avérer dérangeant par la suite, c'est l'impossibilité de sortir "des sentiers" de leur propre pédagogie. En effet, pour avoir participé à des groupes Freinet, j'ai pu constater une fermeture d'esprit face à d'autres courant pédagogiques (Ex : Incompatibilité Freinet et pédagogies radicales...). Ces discussions peuvent s'avérer être réellement enrichissantes puisqu'un débat naît de cette confrontation de paradigmes pédagogiques, hélas, il en ressort généralement une assez grande fermeture d'esprit.

Enfin, je m'interroge également sur ces excellents enseignants, collègues dans mon école, qui ne considère pas appartenir à un courant pédagogique, mais qui fournissent pour autant un travail réellement intéressant avec les élèves.

Je pense que ces enseignants (généralement expérimentés, plus de 10 ans d'exp.) savent réellement ce qu'ils font et peuvent faire preuve d'une capacité d'adaptation très inspirante.

1 week ago

Merci pour ces remarques Thomas,

suite de mes expériences:

j'ai été à Caen ces deux derniers jours avec des chercheurs. L'une d'elle me demande qu'elle est ma relation avec la pédagogie Freinet.

Et il s'avère très rapidement qu'elle se met à me parler de Nicolas GO (tiens donc encore lui...) et elle me le présente comme une sorte de gourou qui converti les étudiants à la pédagogie Freinet.

Ce qui gênait cette personne c'est qu'ensuite les étudiants devenaient complètement fermés à l'idée que les pratiques pédagogiques pouvaient dépendre du contexte sociologique et qu'il y avait pas de pédagogie qui marche en soi dans tous les contextes.

Et là je m'interroge: dans toutes nos options politiques nous mettons en avant la place du contexte social: pour expliquer les inégalités sociales entre classe sociales (matérialisme historique...), entre les hommes et les femmes (féminisme matérialiste...)...

Mais dès qu'il s'agit de pédagogie le contexte social n'aurait plus d'impact.... Pourtant Paulo Freire dit lui aussi qu'il faut faire des enquêtes et ne pas plaquer dans tous les contextes des techniques qui ont marché à un endroit...

Autre point qui m'a marqué sur ce qu'elle m'a dit de Nicolas Go,  au niveau de la philo politique, il se réclame de Joelle Zask: une philosophe politique très modéré et que je ne classerai pas à l'extrême gauche (www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_d__mocratie_aux_champs-9782359251012.html)

Sylvain Connac, Philippe Meirieu, Nicolas Go: quel est le rapport entre tous ces gens là et un projet d'émancipation sociale ?

Je crains qu'il y ait un vrai pervertissement de la pédagogie Freinet si ces portes paroles les plus connus sont tout au plus des hollandistes sur le plan politique.

Qu'avons nous à voir avec ces gens là ? Je me le demande....

irène



1 week ago

Salut,


Eh bien, vous n'êtes pas tombé·es sur les bons ! Je fréquente le groupe Freinet 2D d'île de France et quand j'ai parlé des péda critiques et radicales la dernière fois, les collègues se sont montré·es très ouvert·es et on a même décidé, pour le groupe de Lettres, d'en faire une perspective de travail systématique dans nos échanges, un biais pour donner « de la hauteur » à nos réflexions sur les pratiques. ;-))



De mon côté, je trouve qu'il n'y a pas /qu'il ne devrait pas y avoir de contradiction entre s'occuper de ce qui est notre quotidien : les apprentissages, l'organisation du temps, de la classe, du matériel et s'occuper des finalités de l'éducation (émancipation indidividuelle et sociale, esprit critique, conscientisation).

J'ai de plus en plus l'impression que « technique, technicien » et tout ce qui va avec deviennent des gros mots ou des mots tabous, comme si on voulait enlever à l'enseignant·e cette part de son métier ou en tout cas la dévaloriser. Or, il faut pas se mentir, bien sûr que nous sommes toutes et tous des technicien·nes ! Mais en même temps, évidemment que non, nous ne nous réduisons pas à ça. Quand je regarde autour de moi, surtout dans les divers cercles militants que je fréquente, je vois beaucoup de collègues qui sont à la fois des technicien·nes et des penseurs et penseuses de l'éducation et de la pédagogie : on imagine des pratiques, des scénarios, on rassemble et on crée des supports, des démarches, des activités avec des objectifs scientifiques (rendre notre discipline accessible : c'est là la didactique), des objectifs et des parcours d'apprentissage (pour les élèves, c'est là la pédagogie) et des visées critiques et sociales (pour les élèves, pour nous, pour la société : c'est là l'agir éthique) et tout cela forme la praxis car, par la réflexion et par l'action, nous cherchons à transformer le milieu dans lequel nous évoluons (l'espace classe, l'établissement, l'environnement, la société, technique de l'entonnoir ;-)))

Je n'arrive pas trop à comprendre pourquoi vouloir séparer tous ces aspects en en dévalorisant un en particulier.

Qu'il y ait hiérarchisation, que l'éthique soit prioritaire, soit, mais l'éthique a besoin des techniques (et j'insiste, pas une en particulier) pour exister, comme supports pratiques. L'éthique sans pratique n'est qu'idée générale qui ne convainc que les convaincu·es. Et le but, pour moi, est de faire en sorte de convaincre des non convaincu·es de la nécessité d'avoir une philosophie critique et radicale quelque part à l'esprit lorsque nous analysons les situations de classe et que nous imaginons les différentes manières de travailler, de construire l'année avec les élèves.


Par contre, je dis bien que c'est parmi les militants, qu'on les classe dans les militants pédagogiques ou dans les militants syndicaux, ou dans les deux pour les mouvements qui arrivent à faire cette synthèse et il y en a peu, donc je dis que c'est parmi les militants que je trouve cette alliance.


Chez d'autres collègues, je l'admets, c'est la technique qui les préoccupe avant tout mais je ne dirais pas comme tu dis Irène « qu'avons-nous à voir avec ces gens là ? » car je pense qu'il y a au moins trois raisons à cette prédominance de la préoccupation technique

- il y a les personnes pour qui c'est une éthique à part entière : on fait de la technique,d e l'efficacité, pour l'adaptation et l'insertion sociales, pour coller aux exigences des entreprises aussi. Là, ok, rien à voir avec ces gens qui ont clairement une autre vision de l'éducation que nous, incompatible.

- par contre, pour la majorité des personnes, c'est une question d'oppression (j'ose un mot fort) : oppression par les consignes ministérielles (cinquante réformes, des projets qui arrivent de partout, des journées m'as-tu-vu à tout bout de champ et comme un cheveu sur la soupe – je pense à LA journée de lutte contre le racisme et l'antisémitisme – à LA journée contre l'homophobie et la transphobie...) ; oppression par l'héritage pédagogique dont nous « bénéficions » tou·tes et dont nous n'arrivons pas à nous défaire ; oppression par les familles qui exigent, enfermées elles-mêmes dans leurs propres schémas, contradictions et peurs ; oppression par la peur de l'échec, celui des jeunes, le nôtre ; oppression par l'impression qu'il faut innover, tout le temps, partout...

Bref, tout ça pour dire que tous ces facteurs nous enferment, ferment notre horizon de réflexion, prennent tout notre temps et peuvent nous faire oublier la dimension sociale et critique de l'enseignement, nous empêcher de mener une réflexion de fond, construite, documentée, parce que nous sommes constamment en train d'essayer de gérer le quotidien, de faire avec celles et ceux que nous avons dans nos classes et avec les conditions dans lesquelles nous sommes forcé·es de travailler.

- enfin, et c'est lié à ce que je viens de dire, il y a les collègues qui se dépatouillent comme ils et elles peuvent avec le quotidien, formé des élèves, des injonctions, des programmes, des familles, de leurs expériences personnelles avec l'école et les apprentissages, de leur pacours personnel également. On fait comme on peut, on se débrouille avec des techniques qui fonctionnent à peu près et se remettre en question est extrêmement difficile parce que ça veut dire enclencher des changements parfois très importants dans un quotidien où déjà, on a du mal à trouver du temps pour respirer, pour se reposer tout simplement.

Imaginez la claque qu'on se prend avec la dimension critique et radicale de l'enseignement : on se rend compte qu'on a sans doute oublié une part essentielle de notre métier, qu'on a laissé de côté les élèves les plus démuni·es, l'aspect pauvreté, discrimination, sexisme... Imaginez aussi la grosse remise en question et la perspective effrayante que ça peut représenter que de s'engager dans un combat politique pour changer la société (parce que c'est de ça qu'on parle, en vrai) : un combat énorme, de longue haleine, avec des facteurs qui dépassent très largement le cadre de la classe et du quotidien et sur lesquels on se dit qu'on ne peut pas avoir de prise. Eh bien, tout ça, ça fait peur, bien sûr, et c'est sans doute une des raisons qui empêchent des collègues de s'y engager. C'est beaucoup plus rassurant de se dire qu'on va s'en tenir aux techniques, aussi imparfaites soient-elles, mais qui sont plus « maîtrisables », qui fonctionnent pour pas mal d'élèves et « c'est déjà ça » (oui, je déteste cette expression tellement tellement utilisée pourtant dans les salles des personnels...).



Au final, moi j'ai peur qu'en dévalorisant ainsi la préoccupation technique, dimension essentielle de notre métier (je suis très réservée sur la conclusion de cet article, par exemple : https://iresmo.jimdo.com/2019/03/05/la-domination-de-la-raison-instrumentale-en-p%C3%A9dagogie/), ça fasse penser à beaucoup de collègues que les pédagogies critiques et radicales, c'est juste du flan, de belles idées qui ne s'occupent pas de la mise en œuvre, de la mise en pratique. Or, la praxis, c'est bien les deux, non ?



C'est un peu comme les extraits du code de l'éducation : oui, ils sont essentiels et on va les mettre en salle des personnels à la rentrée. Mais... je sais que ça ne suffira absolument pas à convaincre. Au mieux, ça fera réfléchir quelques collègues, ça rappellera à d'autres pourquoi elles et ils sont devenu·es profs, mais pour beaucoup, ça restera une belle idée mais difficile à mettre en pratique, comme beaucoup de belles idées.

Oui, je sais, je ramène toujours tout à la pratique, mais c'est parce que quand je suis convaincue par une idée, ben... je la mets toujours en pratique et c'est comme ça que je vois les réussites, et les difficultés que ça crée. C'est comme ça qu'on a commencé tous nos échanges, d'ailleurs ! ;-))

1 week ago

Bonjour,

Merci pour ton message Jacqueline. Je pense que cela permet de mieux avancer dans la discussion.

Je vais essayer d'expliquer le plus clairement et simplement ma position pour essayer de lever ce qui me semble être un malentendu sur un point:

a) La notion de technique: une technique c'est un moyen qui a pour fonction de réaliser efficacement un but, une finalité.

b) Entre nous, il n'y a pas de divergences sur les finalités. On désire l'émancipation sociale. Au moins, on a pas débattre de cela :))

1) Les problèmes que je perçois à faire de la pédagogie un ensemble de techniques fussent-elles orienter vers une finalité d'émancipation sociale.. Ces deux problèmes, il faudrait que vous (ceux qui sont pas d'accord avec moi) puissiez y répondre pour pouvoir contester ma position:

a) Il faut être en capacité de mesurer l'efficacité d'une technique. Or sur ce plan, je pense que nous n'aurons pas l'avantage. L'efficacité d'une technique est mesurée par des méthodes techno-scientifiques. (Je l'ai déjà expliqué). Comment allez-vous faire ?

b) Si la pédagogie c'est un ensemble de techniques en vue d'une fin d'émancipation sociale alors "les fins justifient les moyens". Cela veut dire qu'on pourrait utiliser un moyen efficace, même immoral, pour arriver à une finalité. C'est ce que Paulo Freire appelle les méthodes anti-dialogiques comme par exemple "la manipulation". Il y a des tenants de l'éducation nouvelle qui ont eu par exemple recours à la notion de "ruse pédagogique". Donc si pour vous la pédagogie est une question technique, qu'est-ce qui vous empêche d'agir en réduisant l'autrui à un simple moyen pour attendre votre but ?

2) Ma position

a) Je suis d'accord avec toi que la pédagogie ne peut pas se réduire à des idées, qu'elle implique une action.

b) Or il me semble qu'il y a un malentendu entre nous qui vient de ce que certains philosophes appellent "la colonisation du monde vécu par l'agir instrumental". En gros, on arrive plus à penser l'action autrement que sous forme technique. Ce qui équivaut la poiésis et non à la praxis.

c) La praxis: c'est bien la théorie et l'action. (action et non technique).Donc il s'agit ici d'un agir ethique et non d'un agir technique. Pour moi, la pédagogie c'est l'agir ethique. Et l'agir technique c'est la didactique. Le rôle de l'agir éthique est de normer l'agir technique. Il y a donc bien une part technique dans l'enseignement (c'est la didactique). Mais la pédagogie n'est pas dans l'ordre de l'agir technique. Elle est de l'ordre ethico-politique. En gros, elle s'occupe de deux questions: comment agir de manière éthique en éducation ? Quelle est la finalité en éducation ?

De manière concrêt: Je renvois en particulier au livre Emanciper pour apprendre, apprendre pour émanciper (Cornett et De Smett) qui me semble se situer davantage au niveau de l'agir ethique que de l'agir technique 

(ce n'est pas la première fois que je donne des exemples concret d'ailleurs, mais vous faites comme si je n'avais rien dit: les filles et les garçons en pédagogie explicite, les cas pratiques en socio-éthiques que j'ai proposés...)

Je vais prendre un autre exemple concrêt sur lequel je crois pouvoir ne pas trop dire de bêtise pour me faire comprendre: la discussion à visée philosophique.

a) Pour moi, l'approche qui domine en philo pour enfant est très technique et procédurale (ex. Tozzi). En gros, pour un prof faire de la discussion à visée philosophique c'est mettre en place un ensemble de procédures techniques:  distribuer des rôles aux élèves, faire un certain type d'interventions techniques... L'objectif est de développer trois compétences: conceptualiser, problématiser, argumenter.

b) Le premier problème que je vois: c'est qu'à trop focaliser sur la technique on oublie le fond: on a une belle procédure de discussion, mais la discussion de fond est vide si l'enseignant n'a pas une visée qui est de développer la conscience critique. Cela suppose que l'enseignant ait lui-même réfléchit à ce qu'est la conscience critique. S'il fait de la pédagogie critique, il faut même qu'il ait une idée de ce qu'est la "conscience sociale critique" et de ce qu'est la conscientisation. Il faut qu'il ait compris la différence entre une  "conception interindividuelle de la société" (conscience première) et une "conception en termes de rapports sociaux" (conscience critique).

c) Mais l'agir éthique se situe encore à un autre niveau: Il m'est arrivé plein de fois, quand j'étais professeur de philo en lycée ou même à l'ESPE, d'avoir des discussions (à portée philosophique) sans aucune procédure technique particulière. Qu'est-ce qui a rendu possible cela ? C'est l'agir ethique. Cela se traduit par l'ouverture au dialogue, de la capacité à écouter l'autre et à respecter ce qu'il dit sans le déformer, à reconnaitre ses erreurs dans la discussion, à expliquer sa position clairement et simplement...

Toutes ces qualités humaines éthiques me semblent bien plus importantes que toutes les techniques pour être un prof. C'est l'oubli de cela que j'appelle la colonisation du monde vécu par l'agir instrumental en pédagogie. 

L'agir éthique c'est sur cela que l'on devrait se concentrer avant tout dans notre pratique et ensuite se demander si nos techniques sont en accord avec cet agir ethique: qu'est-ce qu'une sanction éducative ? qu'est-ce qu'une notation juste ? qu'est-ce qu'une différentiation pédagogique équitable ? ect... Parce que le seul moyen de limiter l'injonction à l'efficacité (fusse une efficacité déshumanisante), c'est l'éthique: y-a-t-il des valeurs au-dessus de l'efficacite ? Doit-on rechercher l'efficacité à tout prix ?

La finalité de conscience critique sociale: elle nous conduit en outre à nous demander: qu'est-ce que lire de manière critique (et pas seulement déchiffrer) ? Quels sont les enjeux sociaux des mathématiques et des sciences (et pas seulement savoir faire techniquement des math et des sciences) ? ect...

L'association de l'éthique et de la conscience sociale critique: c'est cela la pédagogie critique (l'action pratique et les fins théoriques)

à bientôt,

irène




1 week ago

PS: Sinon, j'ai pas que des mauvaises expériences avec des pédagogues Freinet:

J'ai rencontré hier un prof de didactique à la fac, ancien élève d'une école Freinet et ancien instit. Freinet. Je lui ai demandé c'est quoi pour lui la différence entre la didactique et la pédagogie:

Il m'a dit: La didactique c'est la science des techniques d'apprentissage. La pédagogie c'est la science de la relation. 

Je suis assez d'accord avec cette deux définitions. Car il ne peut pas y avoir de relation entre des êtres humains sans ethique. 

1 week ago

PS2:

Pour décentrer un peu, le regard, je voudrai faire un parallèle avec le secteur médical:

Quand on est infirmière ou medecin, il y des savoirs faire techniques. Mais il y a tout une part de la formation en ethique des infirmières par exemple qui concerne "la relation de soin".

Voici un des enjeux de cette problématique actuellement en medecine:

Intelligence artificielle : le médecin peut-il être (en partie) remplacé par une machine ?

31.01.2018

Quel peut-être l’apport du numérique dans l’exercice de la médecine et dans la prise en charge des patients ? Dans un livre blanc qu’il publie sur le sujet, l’Ordre des médecins constate les progrès réalisés dans ce domaine. Les algorithmes se montrent aussi performants que les praticiens pour détecter les rétinopathies diabétiques ou pour distinguer les grains de beauté des mélanomes... les robots assistent les chirurgiens dans les opérations délicates… Mais l’Ordre souligne également l’importance des relations humaines dans la médecine. L’empathie et la compassion envers les patients restent, encore pour un temps, l’apanage des femmes et des hommes.


Il me semble qu'il faut vraiment se demander ce qui fait l'humanité de notre métier, car si nous le réduisons à un agir technique, alors on aura aucun mal à nous remplacer par des robots...

1 week ago
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